8 janvier 2027, Salle des Fêtes
Par Ludmilla LORRAIN Chercheuse associée au Centre d'Histoire des Philosophies Modernes de la Sorbonne (HIPHIMO)
Pendant longtemps, la réflexion critique sur les inégalités entre les sexes s'est portée sur l'analyse des ressorts politiques et juridiques de ces inégalités, et sur les moyens concrets de les atténuer, sinon de viser leur disparition.
On pensait alors qu'en donnant aux hommes et aux femmes les mêmes droits, l'égalité serait, à terme, atteinte.
Mais c'était sans compter sur la dimension sociale, et même intime, de ces inégalités.
De ce point de vue, la famille, et plus largement l'éducation, sont restées des points aveugles de la réflexion.
Nous voudrions donc, en nous appuyant sur les recherches que nous menons actuellement en histoire de la philosophie féministe, montrer combien l'éducation dispensée aux enfants, y compris au sein de la famille, joue un rôle déterminant dans la construction des différences et des inégalités de genre que l'on retrouve ensuite plus largement au sein de la société.
Cela nous donnera l'occasion de nous appuyer sur des travaux récents en philosophie, mais aussi de discuter certains écrits des XVIIIe et XIXe siècles qui illustrent combien, très tôt, les femmes ont pensé et conceptualisé le rôle déterminant de l'éducation et de la famille dans la possibilité même d'une émancipation.